Tokyo – Le quartier de Shinjuku Est – #0163

Des écrans géants. Des centaines d’enseignes lumineuses. Nous sommes maintenant à Shinjuku, l’un des quartiers les plus animés de la capitale nippone. C’est ici que les Tokyoïtes se distraient. Centre de vie nocturne depuis l’ère Edo, ce quartier constituait le premier relais sur l’ancienne route de Tokaido, menant à Kyoto.

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La station de Shinjuku, ouverte dans les années 1880, est aujourd’hui la plus grande au monde. Elle compte une dizaine d’étages et abrite des centres commerciaux. Et même des jardins d’enfants en haut des immeubles… Chaque jour, plus d’un million de voyageurs transitent par ce nœud ferroviaire, où se croisent la plupart des lignes de métro.

 

Il est difficile de décrire précisément Shinjuku. On y retrouve à la fois ces grands immeubles abritant d’immenses centres commerciaux, mais aussi de petites rues étroites et tortueuses. C’est ici qu’on a découvert de très petits restaurants. Minuscule même… puisqu’ils ne peuvent pas accueillir plus de 5 ou 6 clients à la fois. L’atmosphère y est très authentique et convivial. L’occasion pour nous de déguster une soupe, un bol de riz, des yakitori pour quelques yens.

Tokyo - Shinjuku
Tokyo - Shinjuku
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Une fois rassasiés, nous poursuivons notre visite dans Kabukicho, une autre artère du quartier de Shinjuku. Certainement plus fréquentable en journée par le grand public, on remarque vite qu’il y règne une atmosphère plus adulte à la tombée du jour. Ce quartier accueillent bien volontiers principalement des hommes retournant chez eux après une longue journée de travail. Dans ces petites rues, entre les karaokés très prisés des Tokyoïtes, les bars populaires du Golden Gaï* côtoient des établissements plus privés comme les love hôtels. – on y paye une chambre pour quelques heures : pas besoin de faire un dessin, sur ce qui s’y passe !-.

 

Kabukicho

Tokyo - Shinjuku

S’il fallait absolument trouver un quartier où il ne fait pas bon traîné la nuit, Kabukicho pourrait probablement être le plus légitime pour s’inscrire comme tel. La prostitution est interdite au Japon, mais il est courant ici de se faire aborder par une entraîneuse. Les bars avec hôtesses et les halls de pachinko jouxtent les cafés et les restaurants. Les activités illégales se passent à l’abri des regards, et sous le contrôle des Yakuzas*, qui détiendraient plus d’une centaine d’établissements dans ce quartier.

Plus d’un millier de leurs hommes quadrilleraient ce petit territoire de quelques pâtés de maisons seulement. On y dépeint un quartier sombre, parfois menaçant. Ce qui inquiète surtout les autorités, en réalité, ce sont les arnaques organisées par des tenanciers peu scrupuleux, dont les rabatteurs cibleraient les étrangers en particulier. Mais Kabukicho se montre sans danger, tant que l’on passe sans s’arrêter devant les portes les plus douteuses.

 

Les yakuza

* Yakuza : un yakuza est un membre d’un groupe du crime organisé au Japon (mafia). Les yakuzas sont représentés par quatre principaux syndicats, présents sur tout l’archipel, et possèdent également des ramifications dans la zone Pacifique, et même en Allemagne et aux Etats-Unis. Ils étaient officiellement 39 100 membres fin 2016, au sens large du terme.

Ils seraient la plus grande organisation de crime organisé sans être pour autant secrète. Ainsi, les clans ont généralement pignon sur rue, la plupart du temps sous couvert d’une structure légale de type associatif.

Les yakuzas sont un milieu japonais entièrement constitué d’hommes. Le rôle des femmes se situe plus dans l’ombre : elles restent rarement sans activité: elles tiennent des bars, des clubs, des restaurants et autres lieux de distractions. Néanmoins, certaines femmes restent en dehors des affaires. Cette situation découle d’une confiance limitée des yakuzas dans leurs épouses. Ils jugent que les femmes ne sont pas capables de se battre comme les hommes, qu’elles sont destinées à l’éducation des enfants et à tenir la maison, et qu’elles sont incapables de garder le silence.

Mais contrairement à la mafia italienne et aux triades chinoises, ce n’est pas une organisation secrète, les yakuzas possèdent donc souvent un bureau bien visible, arborant le nom de leur clan ou leur emblème. Cela fait du Japon un des seuls pays au monde où les organisations mafieuses s’affichent en plein jour. Les bureaux des yakuza sont, légalement, des associations (dantai) le plus souvent vouées à « la poursuite de la voie chevaleresque ». Les membres ont un code vestimentaire bien spécifique (lunettes de soleil et costumes colorés), de façon à être facilement identifiables par les civils (katagi). Même la manière de marcher des yakuzas est différente de celle des citoyens ordinaires, plus ample et « arrogante ».

* Golden Gaï : Dans la journée, ces allées sordides n’ont rien de doré. La plupart  des bars, tout juste assez grands pour contenir un comptoir et une rangée de tabourets, reçoivent des habitués mais accordent aux étrangers un accueil très réservé.

 

Tokyo - Shinjuku
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